L'animal est-il une personne ?

Publié le par Marjolaine PAUCHET

J'ai dévoré ce livre. Comme tous les autres du genre me direz-vous. Peut-être. Mais comme chacun, ce livre nous force à retravailler son regard sur l'animal, sa vision de l'Autre avec un A majuscule. Moi qui pourtant suis familière de l'exercice, je devrais m'attendre, depuis le temps à ne plus être autant troublée. Mais Yves Christen, brillant neurologue français, pose ses questions en des termes si novateurs et propose des réponses tantôt si différentes, tantôt tellement hors normes, sans compter ce sur quoi nul, sans doute, ou si peu avaient pensés à s'interroger. Selon moi une œuvre magistrale qui grandit autant son auteur que ses lecteurs et qu'il importe de lire.

Morceaux choisis :

"citation de Hal Whitehead : " Quand vous braconnez un animal, vous n'êtes pas seulement en train de prendre une vie ; vous enlevez l'influence de cet animal sur les autres animaux." C'est très exactement à cause de cela que l'introduction du concept de personne animale m'apparaît indispensable, parce qu'un éléphant n'est pas un éléphant mais un sujet éléphant interagissant avec d'autres sujets éléphants d'une façon qui, pour eux, fait sens."

"Mais à l'heure de procéder selon les us et coutumes de la "rationalité" humaine, seules semblent entrer en ligne de compte des contingences pratiques. Dans la plupart des cas, nous répondons à la formidable richesse émotionnelle des bêtes par une pauvreté affective d'autant plus terrifiante que le secours de la technique nous donne l'illusion de maîtriser les solutions. Non seulement l'espèce humaine n'a pas, pour paraphraser une sentence célèbre, le monopole du cœur, mais elle offre bien souvent le visage d'une sècheresse sentimentale affligeante."

L'animal est-il une personne ?

Quatrième de couverture : Longtemps nous avons considéré les animaux comme ceux que la nature avait privés des qualités que nous, les humains, possédons : l'aptitude à raisonner, apprendre, communiquer, s'adapter, décoder, transmettre, enseigner, progresser... Les travaux scientifiques ont pulvérisé cette idée reçue et, depuis la dernière décennie, ils nous surprennent encore plus. Qui sont vraiment les animaux ? On les savait joueurs, blagueurs, rieurs, féroces parfois ; on les découvre tricheurs, menteurs, trompeurs, mais aussi aimants, mélancoliques ou encore émotifs, stratèges, sensibles aux intentions d'autrui, capables de respecter une morale ou d'élaborer une culture.

La très grande ingéniosité des tests et l'extraordinaire diversité des observations scientifique (éthologie, génétique, psychologie, zoologie, primatologie, neurosciences) nous révèlent les facettes de l'intelligence et de l'identité animales, et prouvent l'absurdité qu'il y a à réduire les compétences de la bête à la seule force de son instinct. Car en dépit des caractéristiques qui fondent l'homogénéité de son espèce, chaque animal est un individu à part entière, un être social unique, complexe, et par là même un sujet de droit.

Des singes aux léopards, des éléphants aux antilopes, des baleines aux dauphins, l'auteur nous propose une approche de l'altérité qui apporte beaucoup au débat sur l'exploitation et la manipulation animales. Un plaidoyer fort documenté en faveur de la personne animale.

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Patrick Moindrault 25/10/2015 14:58

Bonjour Marjolaine,

Voici une petite anecdote de ma vie ordinaire :
En tout début de semaine, j’étais dans un de ces jours où la douleur est si intense que tout mon Être semble s’y dissoudre totalement. C’est ainsi, on ne choisit pas. Un de mes félins domestiques, fière et têtue bestiole de gouttière tricolore, décida de se coucher sur mes genoux, d’autorité, alors que je me débattais en vain, incapable de faire quoi que ce soit. Cette garce qui d’habitude décampe au moindre de mes mouvements, n’a jamais voulu se décoller de moi avant que la crise ne décide de lâcher un peu prise. Les animaux ressentent les choses, c’est une évidence, et bien mieux que les Hommes, autistes à leurs émotions et globalement indifférents aux autres ; mais comment ne pas y voir autre chose, par-delà ce soutient silencieux ? N'y a-t-il pas là l’expression d’un libre arbitre animal, d’une volonté réelle de partager ce mal, d’essayer de s’en approprier une partie pour me soulager, telle une vraie personne, une vraie amie ? J’arrête là avec mon anthropomorphisme de bas étage, chacun en tirera ses propres conclusions…

Patrick Moindrault 25/10/2015 16:09

J'ai employé ce terme d'"anthropomorphisme de bas étage" pour ne pas être enfermé dans une certaine naïveté, me cataloguant facilement parmi les illuminés – s'aventurer au-delà de la surface grossière des choses est souvent perçu comme une faiblesse dans notre monde actuel – mais nous sommes d'accord.

Marjolaine PAUCHET 25/10/2015 15:43

Jolie anecdote que voilà. Mais pourquoi parles-tu d'"anthropomorphisme de bas étage" ? Certains scientifiques, dont je suis, s'interrogent de plus en plus sur ce phénomène qui nous fait calquer des émotions "humaines" sur des animaux. Et s'il y avait une part de vraie ? Quand nos ancêtres des cavernes croisaient un lion, ils avaient tout intérêt à savoir si celui-ci était d'humeur de sieste ou de chasse. De même dans leurs propres chasses, ils avaient tout intérêt à comprendre, à connaître, à appréhender correctement le mode de fonctionnement de leurs proies pour pouvoir anticiper leurs réactions et parvenir à leur fin. L'anthropomorphisme - attention, je ne parle pas ici de l'anthropomorphisme de grand mère qui met un manteau à son chien - serait donc un acquis évolutif nous permettant d'appréhender une part du monde intérieur de ceux avec qui on partage ce monde : les animaux. Ils n'ont pas le même monde intérieur que nous de la même façon que nous n'avons pas le même qu'eux mais il y a des similitudes auxquelles l'anthropomorphisme nous permet(trait) d'accéder.
Quant à ton petit chat, j'ai fait la même expérience à plusieurs reprises. Lorsque je suis triste, mes chats viennent me voir et refusent de me laisser tranquille tant que je n'ai pas retrouver le sourire.

lapineron 15/10/2015 13:27

j ai un petit lapin je le considère comme un membre de ma famille!!!!si mignon !!!il orne le coin de mon jardin où il bondit avec liberté!!!!!

colette 15/10/2015 13:25

l animal c est un être qui a besoin d amour, il a le droit d être libre, d avoir de bonne condition de vie!!!!!mignons sont les animaux!!!!
http://www.dr-mourad-zinelabidine.com/

emilie 12/10/2015 12:08

c'est vrai parfois l'animal peut être plus fidèle que l’être humain c'est bizarre mais c'est la vérité !

http://www.softesthetique.com/augmentation-mammaire-tunisie.php

brugette 09/10/2015 17:35

je considère mon chien plus cher que quelques personnes.....il est fidèle !!!!!!!!!!!je l adore!!!
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Marjolaine 12/10/2015 12:19

Ce livre ne parle pas de fidélité, il parle d'émotions animales.

laurent02 08/10/2015 09:59

l exploitation de l espèce animale se dévoile à travers des comportements illégitimes des êtres humains....qui essaient toujours de les exploiter...chers fans avez _vous quelques points d avis à propos "la corrida" le festival espagnol le plus fameux qui montre bien l atroce souffrance des taureaux!!!!pfffffff c est de la torture!!!!!!!!

Marjolaine PAUCHET 08/10/2015 11:31

Bonjour, si vous êtes dans le Pays Basque, je tiendrai samedi à la maison des assos de Biarritz le stand de l'Alliance Anticorrida à la Journée mondiale des animaux. Si vous voulez un livre, je parlerai d'un livre anticorrida très prochainement dans cette rubrique.