Pourquoi l'auto-édition ?

Publié le par Marjolaine PAUCHET

Après mon article précédent, vous devriez avoir renoncé à l'édition à compte d'auteur et sans doute aussi avoir un fol élan d'amour pour l'édition à compte d'édition.

Sauf que, sauf que...

Tout n'est pas rose, loin sans faut, au royaume de l'édition à compte d'édition. 

Pour commencer, combien de gens connaissez-vous qui vous dises "Oh, moi c'est top, j'ai envoyé mon livre à une maison d'édition, elle l'a tout de suite aimé, on a signé, je n'ai rien eu à débourser, tout est à leur charge, la semaine prochaine je passe dans Vivement dimanche pour faire la promo [...]"

 

Oui, il est TRES TRES dur de se faire éditer à compte d'édition, sauf bien sûre si vous avez un nom célèbre. Car, dans l'édition à compte d'édition, il y a ça :

Pourquoi l'auto-édition ?

Mais il y a aussi ça :

Pourquoi l'auto-édition ?

Au passage, vous noterez que le premier n'est pas français...

Avant de vous fatiguer et de vous ruiner en timbre à envoyer votre oeuvre à une maison d'édition, vous devez bien comprendre que seul 1% de tout ce qui est écrit en France est publié à compte d'édition. Et dans ces 1%, il y a Trierweiler. Pensez-vous que cela méritait d'être publié à compte d'édition ? Qu'elle écrit mieux que vous ? Une Stephen King à la française ?

Sûrement pas !

Ce livre est LA preuve que les maisons d'éditions sont là pour se faire de l'argent, pas pour faire découvrir des histoires fabuleuses ou de jeunes auteurs prometteurs. Si vous n'êtes pas connu alors vos chances d'être publié à compte d'édition sont à peu près les mêmes que celles de gagner la super cagnotte du loto un vendredi 13.

Je vous sens maintenant un peu désespéré mais pas encore tout à fait convaincu. Car après tout, J.K. Rowling et Stephen King ont bien réussi alors pourquoi pas vous ? C'est vrai que rien n'est impossible.

Cependant, en admettant que vous parveniez, par bonheur à vous faire éditer à compte d'édition, vous n'aurez le droit qu'à 6 à 7% sur le prix hors taxe de chaque livre vendu. Soit pas grand chose. Oubliez vos 15% qui étaient déjà maigres, ça c'est justement pour les J.K. Rowling et autres auteurs de best-cellers. Vous êtes un inconnu, il faudra donc vous contenter d'accepter avec le sourire les quelques miettes qu'on vous jettera du gâteau. 30 à 40% pour le libraire, autant pour le grossiste, le reste pour l'éditeur qui doit bien payer son personnel, l'impression, la promo et faire sa marge...

 

Voyons l'auto-édition à présent :

Comme je vous l'ai expliqué dans l'article "Auto-édition kesako ?", c'est à vous de tout faire, absolument tout. Vous devez être tour à tour écrivain, éditeur, marketeur, vendeur...

Je vous conseille donc de ne vous lancer que si vous êtes absolument sûre de vous et de la valeur de votre prose. Si vous ne vendez pas, tout le travail effectué le sera en vain.

Compte tenu de la charge de travail, vous l'aurez compris, l'avantage principal de l'auto-édition est dans les sous que vous pourrez en récolter si vous parvenez à vendre.

Car là, les frais sont réduits au maximum. Puisque la maison d'édition c'est vous, pas de personnel à payer, vos bénéfices seront votre salaire. Je vous conseille au moins dans un premier temps de ne pas passer par un grossiste, compte tenu de la marge qu'ils prennent, le coût pour vos ventes naissantes risque d'être trop important. L'idée est donc à étudier lorsque vous avez déjà un volume minimal de ventes mensuelles.

Quoiqu'il en soit, en fonction du canal de ventes choisi, vos bénéfices peuvent aller de 20% à plus de 50% par livre vendu. Jamais de 100% car bien sûre il y aura toujours des frais. Mais cela fera l'objet d'un autre article.

Il y a cependant un autre avantage et non des moindres à l'auto-édition quoi que celui là ne puisse se chiffrer : quand vous avez pour la première fois votre livre entre les mains, quand vous le découvrez pour la première fois dans le rayon d'une librairie, QUEL BONHEUR !

Pourquoi l'auto-édition ?

Quelle joie immense !

Certes la joie serait également là à compte d'édition mais ici, à l'accomplissement d'un rêve, se cumule la récompense d'un travail de très longue haleine et le bonheur n'en est que décuplé. On mesure alors tout le travail accompli, toute la route parcourue depuis ce premier mot posé sur la page d'un cahier ou tapé sur un ordinateur. Et les heures et les heures de travail qui ont suivies prennent sens et s'effacent.

 

Vous ai-je convaincue d'opter pour l'auto-édition ?

 

 

Commenter cet article

Quichottine 11/01/2016 11:12

S'auto-éditer est risqué si tu prends le parti de faire imprimer de nombreux exemplaires et de les vendre ensuite.

Il faut savoir convaincre les libraires d'en prendre et de les mettre en vitrine.
Pour cela, ils te prendront de 30 à 35 % du prix du livre.

Nous avions parlé de souscription, c'est valable si tu as un réseau étendu, avec des centaines de lecteurs potentiels.

Essaie de faire un test sur ton blog et auprès de tes amis pour savoir qui serait partant pour cet achat.

Une amie qui a publié de nombreux livres m'a dit qu'elle en vendait environ une cinquantaine par an.
Je crois qu'à moins d'investir dans des salons, de connaître de nombreux libraires qui accepteraient de faire des séances de dédicaces, il ne faut pas en attendre davantage.

Pour les livres d'enfants, essaie malgré tout de toucher un éditeur traditionnel, même en sachant que c'est lui qui en tirera le plus grand profit.

Passe une douce journée.

Marjolaine PAUCHET 11/01/2016 11:31

Merci Quichottine. Je connais tout cela. Je pense me lancer dans les salons dès que j'aurais au moins 2 livres papiers à présenter. 3 serait idéal. Pour la souscription, tu le sais j'y réfléchis.

Rebecca G. 19/12/2015 20:56

Convaincue, pas vraiment... Parce que, justement, je n'ai PAS LE TEMPS de me consacrer à tout ce travail d'auto-édition. Et en plus, j'habite à l'étranger... Je l'ai déjà fait, à l'époque quand je vivais encore en France, avec deux livres pour enfants que j'avais écrits : j'avais payé l'illustratrice et l'imprimeur à mes frais. Sur un total de 4000 livres (2000 de chaque titre), j'ai réussi à en vendre 2000 environ (1000 de chaque). C'est pas mal (je suis juste rentrée dans mes frais), mais il m'en reste toujours 2000, stockés sous mes escaliers, que je n'ai plus le temps (ni les nerfs, il faut dire!) d'écouler, depuis que je suis partie à l'étranger... Voilà pourquoi, cette fois, je mise sur un gentil éditeur (oh, ça doit bien exister quelque part, non?) pour publier mon roman. Bisous.

Marjolaine PAUCHET 20/12/2015 10:01

Personnellement, j'éditerai mes livres pour enfants à 1000 exemplaires. On verra ensuite si ça marche. Il est vrai que le problème du stock est un gros problème. Il faut de l'organisation, de la place et comme tu le dis, du temps pour faire tout ça et tout écouler. Mais le résultat ne sera pas forcément meilleur si tu passes par une maison d'édition.

Caroline 19/12/2015 20:52

Perso, dans l'optique où j'arriverais à écrire plusieurs livres x) j'aimerai d'abord passer par une ME pour me faire un petit nom quoi, juste pour un ou deux écrits, pour tester car il le faut puis me lancer dans l'auto-édition.. ça c'est ce que j'aimerais après on verra x) ( c'est un peu ce que l'auteure Rose Darcy a fait, je ne sais pas si tu connais :))

Marjolaine PAUCHET 20/12/2015 09:58

Comme pour Rebecca, je te souhaite d'y arriver. Mais mon expérience m'a appris que ce n'est pas gagné...