Interview : Mélanie Dufresne

Publié le par Marjolaine PAUCHET

Bonjour à tous et à toutes.

Aujourd'hui, je vous propose l'interview d'une autrice québécoise de science-fiction et de fantasy : Mélanie Dufresne.

 

Vous avez écrit une série de trois romans de science-fiction, L’univers de Dominix Kemp. D’où tenez-vous votre inspiration ?

La première fois que cet univers m’est venu à l’esprit, j’avais 16 ans. J’étais en totale admiration devant mes deux frères aînés. Je voulais écrire l’histoire d’une petite sœur aussi géniale que ses grands frères.

En développant l’intrigue, j’ai réalisé que le frère aîné était un narrateur beaucoup plus captivant. Plus tard, j’ai rencontré mon conjoint et son frère cadet, qui ont une dynamique semblable à celle de Dominix et Loïc. Ça m’a permis de donner encore plus de texture aux personnages. Et Dominix a pris forme pour devenir le transporteur sympathique, mais un peu retors qu’il est aujourd’hui.

Le premier de ces trois romans, Gemellus est paru en décembre 2019 et le tome 3, Dominus est prévu pour juillet 2020. Quel rythme d’écriture ! Comment faites-vous ?

Présentement, j’écris une heure par jour, 5 à 6 jours par semaine, avec une moyenne de 1 200 mots à l’heure (3 ou 4 pages). Mais ça n’a pas toujours été le cas. Le premier jet de Gemellus aura pris 6 ans à écrire, entrecoupé par la naissance de ma fille, qui aura chamboulé pas mal de priorités. Ce n’est qu’au cours des deux dernières années que j’ai vraiment développé une routine stable, ce qui m’a permis d’écrire les deux tomes suivants en moins d’un an.

Avant de commencer une histoire, je dois avoir une idée claire du déroulement complet. J’ai donc tendance à développer un plan détaillé avant même d’écrire le premier mot. Le plan évolue au fur et à mesure de l’histoire et je me laisse beaucoup de marge de manœuvre, mais le fait d’avoir une idée précise de mon objectif me permet d’avoir un rythme d’écriture soutenu.

Une fois l’écriture entamée, j’utilise un chronomètre pour faire des intervalles. Une fois le chrono lancé, aucune distraction permise. Les doigts doivent rester sur le clavier. Les réseaux sociaux et les SMS devront attendre. Et si je dois chercher un élément pour une question d’exactitude, je le fais pendant la pause. Ça fait toute la différence sur ma productivité.

C’est une série de space opera. Présentez-la nous.

Dans un futur pas si lointain, la Terre a été découverte par une civilisation plus avancée et notre technologie a fait un bond en avant.

Dominix est un transporteur spécialisé en marchandise délicate. Il opère dans le Bras d’Orion et sa réputation est bien établie. Son grand cœur est souvent en conflit avec sa morale un peu douteuse. En compagnie de son frère Loïc et de sa sœur Nova, il se retrouve toujours dans des situations incroyables. Par la faute des autres, bien sûr.

Dans le tome 1 Gemellus, Dominix doit retrouver sa sœur, avant que son employeur la fasse taire pour de bon, et l'aider à dévoiler une fraude d'envergure.

Intelligence artificielle, complot et voyages interstellaires sont au rendez-vous.

 

Vous ne sortez vos livres qu’au format e-book. Pourquoi ce choix ?

J’ai soumis mes manuscrits au moins une vingtaine de fois à des maisons d’édition traditionnelles. À plusieurs reprises, la réponse a été à peu de choses près « Le texte est bon, mais le marché n’est pas assez grand. ».

Comme j’ai sué sang et eau pour ce récit, il était hors de question que Dominix reste dans l’ombre. Mais j’ai un budget à respecter (comme tout le monde) et je n’ai pas de fonds à investir dans l’impression à compte d’auteur. Après plusieurs mois de recherche, j’ai découvert les tenants et les aboutissants de l’édition indépendante au format numérique. Avec un coût minimum, je pouvais offrir mon récit et le faire connaître.

Cette visibilité et mon implication dans des groupes de partages entre auteurs indépendants m’ont permis de rencontrer des écrivains et des gens du milieu de l’édition. Je suis présentement en discussions avec une petite presse montréalaise. La série Dominix Kemp pourrait bien se retrouver au format papier au cours de la prochaine année. À suivre !

En plus de ces trois romans, il y a trois nouvelles, dont Diversion, sortie en mars 2020, qui viennent enrichir la série et étoffer vos personnages. Comment vous est venue cette idée ?

Au moment d’écrire Gemellus, j’avais peu d’expérience et de connaissances comme romancière. J’avais de la difficulté à cerner mes personnages, à leur donner de la profondeur et du réalisme. J’ai donc écrit une nouvelle sur chaque personnage secondaire qui me résistait. Ils étaient plusieurs !

Chaque nouvelle développe un incident auquel les personnages font référence dans le récit principal. Je trouvais l’idée amusante et j’ai eu beaucoup de plaisir à les écrire. J’ai décidé de les offrir aux lecteurs pour leur permettre à eux aussi de mieux comprendre les personnages et explorer d’autres aspects de l’univers.

Y aura-t-il d’autres tomes dans L’univers de Dominix Kemp ?

Le troisième tome viendra clore la série. À ce moment, les Kemp nous laisseront pour s’attaquer à de nouveaux projets. Ce qui pourrait bien m’inspirer une suite, soit avec les mêmes personnages, soit en les utilisant comme personnages secondaires.

Je jongle présentement avec les possibilités. Au final, mon choix va reposer sur le succès de la série principale. L’écriture d’un livre représente au bas mot 100 heures de travail, étalées sur 4 à 6 mois. L’engouement des lecteurs est un facteur important pour garder ma motivation en cours de projet.

Vous avez écrit une autre série, fantastique celle-là, Ellie et le Wendigo. De quoi parle-t-elle ?

Changement de cap ! Cette série est une fantasy urbaine avec une touche de romance paranormale. J’avais envie d’explorer les légendes québécoises et de les confronter à notre monde moderne. Quelques années plus tôt, une rencontre fortuite avec un militant pour l’indépendance du Québec m’a donné matière à réflexion et je me suis demandé ce qui se passerait si les créatures surnaturelles étaient séparatistes, au même titre que les Québécois « normaux ». Le récit se déroule donc dans la ville de Québec et les alentours.

Dans La proie du Windigo, Ellie, une jeune étudiante universitaire, se trouve mêlée à des rivalités entre les séparatistes et les loyalistes surnaturels, alors que l’enjeu pour elle est plutôt d’obtenir sa propre indépendance.

La sortie du tome 1 est prévue à l’automne 2020.

Pour terminer, la traditionnelle, votre auteur·e préféré·e ? Votre livre préféré ?

Même si ma première publication est une série de science-fiction, je suis beaucoup plus une fan de fantasy dans l’âme. J’avais 9 ans à ma première lecture de Bilbo le Hobbit. Mon adolescence a été marquée par La Ballade de Pern par Anne McCaffrey, La Romance de Ténébreuse par Marion Zimmer Bradley et À la croisée des mondes par Philip Pullman.

Mes favoris intemporels sont Patricia Briggs avec la série Mercy Thompson et Ilona Andrews avec la série Kate Daniels. Sans surprise, ce sont deux séries de fantasy urbaine. Ces auteures m’inspirent beaucoup dans mon écriture. Mon rêve est d’écrire des récits aussi captivants que les leurs, avec des personnages inoubliables et des mondes exotiques.

 

Voilà, comme toujours, j'espère que l'interview vous a plu et je vous invite à retrouver Mélanie sur son site : https://melaniedufresne.com/

 

Publié dans Interviews

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