Les différents registres de langue

Publié le par Marjolaine PAUCHET

Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui, nous allons parler des différents registres de langue et de leur impact sur l'écriture.

Les registres de langue ont leur clé dans le cerveau

 

Les différents registres de langue

En français, on peut dire la même chose de différentes façons. C'est ce qu'on appelle les registres de langue. Souvent, ces différentes façons peuvent être un signe d'appartenance à une catégorie sociale (par exemple les adolescents). Elles témoignent presque toujours du rapport avec la personne à laquelle on s'adresse : on ne parle pas de la même façon à un membre de sa famille ou à un ami et à une relation professionnelle.

Le registre familier

C'est celui qu'on emploie pour parler à un proche. Il peut comporter des approximations syntaxiques et grammaticales, des lourdeurs, des mots vulgaires, des anglicismes, etc. Son vocabulaire n'est pas forcément très riche.

Exemple : Attention, ça glisse, ne va pas te casser la figure !

Le registre courant

C'est celui qu'on emploie avec une personne qu'on ne connaît pas ou peu ou avec une relation professionnelle. La syntaxe et la grammaire sont correctes et le vocabulaire est plus développé.

Exemple : Le sol est glissant, soyez prudent.

Le registre soutenu

Il doit être irréprochable sur le plan de la syntaxe et de la grammaire et possède le vocabulaire le plus riche. C'est un style littéraire qui n'est que peu voire pas employé à l'oral.

Exemple : Prenez garde à ne pas glisser.

Dans le corps d'un texte

À l'écrit, le registre familier est traditionnellement à proscrire. Il faut lui préférer le registre courant ou soutenu. Le registre familier est perçu à l'écrit comme une faute de la part de l'auteur·e. La syntaxe et la grammaire doivent y être parfaites (de même que l'orthographe) et des erreurs dans ce domaine, qu'il s'agisse d'écrits professionnels ou de textes littéraires désignent tout de suite l'auteur·e comme manquant de culture générale et des connaissances langagières nécessaires à pareil exercice. Dans les faits, cela peut ne pas être vrai, mais c'est pourtant ainsi que la personne sera jugée par ses lecteurs. Un texte doit donc être irréprochable sur le plan de la syntaxe, de la grammaire et de l'orthographe et témoigner d'une certaine aisance, voire richesse de langage. Attention ! Sans passer pour autant par des tournures de phrases rocambolesques et des figures de style à n'en plus finir qui, au-delà de l'excès de zèle désagréable, inscrirait aussitôt l'auteur·e en faux et ferait décrocher ses lecteurs. Bref, à l'écrit, il faut être « propre » sur le plan langagier, sans chercher à en faire trop ou à être plus royaliste que le roi.

Par ailleurs, comme Stephen King dans son livre Écriture, mémoire d'un métier (que je recommande à tout apprenti·e écrivain·e), je déconseille l'emploi des adverbes en -ment dans le corps d'un texte littéraire. Il faut les éviter autant que possible (ça ne l'est parfois pas). Ces adverbes-là sont le plus souvent inutiles à la compréhension de la phrase et peu gracieux. On peut les écrire lors du premier jet pour ne pas perdre le fil de l'histoire en se demandant : « Le met, le met pas ? » Mais lors de la relecture, il faut toujours s'interroger sur leur utilité ou la nécessité à les conserver et s'ils sont nécessaires, s'ils ne peuvent pas être remplacés par autre chose.

Dans un dialogue

Dans un dialogue en style direct, les choses sont très différentes. Il s'agit, dans ce cas de figure, de retranscrire les mots de quelqu'un. Dans ce cas, une des façons de rendre le dialogue vivant et crédible est d'adapter chaque prise de parole au personnage qui parle. Un enfant, par exemple, ne parlera pas comme un adulte, son niveau de vocabulaire ne sera pas le même et on lui pardonnera des erreurs syntaxiques. Une personne parlant à son conjoint ne lui parlera pas comme à un collègue.

Dans un dialogue, le registre familier est donc tout à fait adapté et même souhaitable, mais le registre courant peut l'être aussi. Encore une fois, tout dépend de qui parle et à qui.

 

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